Dans la lettre des achats d’avril 2018, François Chauvin, Directeur général de DIRECTSKILLS explique pourquoi le calcul des coefficients joue un rôle essentiel dans la négociation des achats d’intérim.Avec une hausse de plus de 8% en 2017, le marché de l’intérim fait face à une réglementation sans cesse en mouvement et les acheteurs qui visent à toujours optimiser leurs décisions essaient de jouer avec les coefficients.

En 2018, le CICE (Crédit d’impôt pour la Compétitivité et l’Emploi)  vise à être remplacé par des allègements de charges patronales sur les bas salaires, dont ceux de l’intérim. Le CICE qui monte à plus de 4% du Chiffre d’affaires d’une Entreprise de Travail Temporaire, sa suppression va créer un déséquilibre économique et remettre en question les accords-cadres entre ces ETT et leurs clients, au centre des négociations : les coefficients.

Le coût de l’intérimaire pour le client se détermine par le coefficient multiplicateur qui inclue les charges patronales et la marge brute de l’ETT. Deux coefficients sont à différencier : le coefficient de sélection et de gestion, qui correspondent respectivement à un coût de sourcing du candidat et à un coût de gestion classique de contrat. Le passage de l’un à l’autre ( la dégressivité ) est d’environ 2% et la bascule se fait en cours de contrat. Ce montant n’est pas négligeable, surtout pour des entreprises dont le budget intérim dépasse le budget en matières première et peut monter à plusieurs millions d’euros.

Cette dégressivité est compliquée à gérer car elle diffère selon les clients. Les entreprises de travail temporaire ne fixent pas les coefficients, ils dépendent de chaque client. C’est le casse-tête des coefficients !

Les allègements de charges sociales sont basés sur les niveaux de salaire, un intérimaire qui travaille de nuit avec une majoration ne pourra pas faire bénéficier d’allègement de charges sociales sur les bas salaires par rapport au même poste de jour, alors qu’il est facturé sur la même marge théorique.

Les primes de productivité posent le même problème :la marge de l’agence de travail temporaire baisse voire tombe en dessous de zero si un intérimaire est productif et touche sa prime de productivité. Cela ne motive pas les Agences de travail temporaire à proposer de bons intérimaires !

D’après DIRECTSILLS : « Il faut accepter qu’un intérimaire productif soit facturé avec un coefficient plus élevé pour ne pas pénaliser l’agence de travail temporaire (…) il faudrait que les clients intègrent ce paramètre aux contrats pour que les agences l’intègrent à leur tour. »

François Chauvin, directeur général de DIRECTSKILLS constate qu’il faudrait négocier autrement :

« En négociant, non plus sur un coefficient qui s’applique à la rémunération brute mais sur un taux de marge brute qui s’applique au cout complet »

En savoir plus sur vos moyens d’optimisation de vos négociations d’achats d’intérim.